Un technicien, une chèque et une mouette
Après un réveil difficile j’ai démarré la journée par un coup de téléphone d’EDF (sur mon portable ?!?) pour faire fermer le compteur électrique de l’ancien local du boulot.
Je me précipite donc, la gueule enfarinée, à la rescousse du technicien EDF bloqué devant une porte fermée à clef.
A peine arrivé, surprise, il n’était plus la… la propriétaire du local lui avait ouvert et il était déjà reparti. Super, bon j’aurais pu éviter le déplacement du coup, mais ça me donne l’opportunité de ramasser le courrier faramineux du boulot (1 lettre).
Je pensais m’en tirer comme ça, facilement, c’est alors que la proprio (je n’oserais même pas vous la décrire) me tombe dessus pour me réclamer son chèque. Le chèque du dernier mois de loyer, le comptable avait oublié de me l’envoyer autant que j’avais oublié qu’il devait le faire.
Je me retrouve donc à me faire enguirlander comme si j’avais le pouvoir d’émettre un chèque pour mon employeur. Me faire engueuler, comme tout le monde je n’aime pas, mais alors le matin, la gueule enfarinée, c’est une déclaration de guerre. Je sors le portable j’appelle le comptable et je lui passe la proprio, si elle veux gueuler qu’elle le fasse sur quelqu’un d’autre.
Ca aurait du calmer les chose, mais la situation s’envenime, le chèque n’a effectivement pas été envoyé et le comptable s’en excuse, mais ils ne sont pas d’accord sur le montant. La proprio attends 2 mois de loyer, le comptable lui voit une date de départ au 6 janvier, il arrête les loyer à cette date.
Le ton monte, je me fais prendre à parti. D’un coté le comptable, posé mais qui n’aime pas trop se faire enguirlander alors qu’il est ouvert à la discussion, de l’autre la proprio, furieuse. Et au milieu moi me faisant engueuler par les 2 zouaves jusqu’a ce que dans un mouvement de colère elle me jette mon téléphone dans les mains (que je rattrape de justesse) avant de me mettre à moitié dehors en me gueulant dessus les “ha ben ça fait plaisir de rendre service”.
Décidément cette matinée commençait vraiment à me gonfler. Je reprends la route pour rentrer chez moi. Dans mon quartier pas une place, je fais, comme d’habitude, le tour du pâté de maison jusqu’a ce qu’une place se libère. 10 min puis 20 min se passent à tourner comme un imbécile, matinée pourrie.
Jusqu’a ce qu’un camion de livraison arrive et bloque entièrement la rue, le livreur devait sortir la viande et il ne comptait pas la trimballer de plus loin, c’était devant la boucherie, en bloquant la rue ou rien!
15 min se passent a attendre qu’il ait fini, la rue est saturée de voitures, les coups de klaxon fusent mais l’attitude complètement blasée du livreur montrait bien qu’il ne bougerait pas avant d’avoir fini. Le temps est mauvais, il pleuvait depuis la veille et les oiseaux volaient bas.
Une bande de mouettes tournaient autour du camion, je ne savais pas que les mouettes aiment la viande mais de toute évidence le contenu du camion les intéressait bien. Le livreur revient enfin, chasse les mouettes et ferme les portes du camion, on peut enfin bouger.
Le démarrage du camion a affolé les mouettes qui s’envolent dans un bordel généralisé. J’enclenche la première, prêt à reprendre ma recherche d’une place ou me garer quand un mouette s’emplafonne dans mon pare-brise !
Cette conne avait foncé droit dessus à toute vitesse en voulant esquiver une de ses congénères. Je n’ai même pas eu le temps de sortir qu’elle était déjà repartie, s’envolant d’une façon aussi gracieuse que celle d’un alcoolo qui cherche à ouvrir une serrure.
Même pour les mouettes y’a vraiment des jours ou on ferait mieux de rester couché.